troubles de l'alimentation et troubles de l'oralité chez l'enfant
Quotidien et Autonomie

Les troubles de l’alimentation et autisme | Que faire ?

Les troubles de l’alimentation chez l’enfant avec autisme sont difficiles à gérer au quotidien et peuvent durer des années.

Mon p’tit mousse est autiste avec un TDAH “en béton” et a eu des troubles alimentaires pendant longtemps… Aujourd’hui, il a 9 ans et mange de tout ! Enfin presque… Il a encore du mal avec les fruits mais on persiste !

La diversification alimentaire s’est bien passée, tout allait bien et puis un jour, vers 18 mois, il n’a plus rien voulu manger. BAM ! Petits pots et brocolis en pleine figure ! 😤

Il ne voulait plus rien à part des pâtes à la sauce tomate ! Sauf que non… ! Ce n’était juste pas possible ! A ce moment là, nous ne savions pas encore que notre enfant était autiste. Alors j’ai un peu forcé, j’ai fait du chantage, mais rien n’y faisait et ça devenait la guerre à chaque repas… J’ai donc rembobiné tout ça et j’ai essayé de mettre en place quelques trucs. Rome ne s’est pas construit en un jour et bien, j’ai fait pareil avec mon fils… ÉTAPE PAR ÉTAPE ! 🚣‍♀️

L’enfant autiste est particulièrement sensible et est souvent submergé par les stimuli extérieurs. Depuis que mon fils est suivi, chaque diagnostic, chaque bilan rendu, on en revient toujours au même dénominateur commun : les troubles sensorielsEt cela a un fort impact sur son quotidien (dont son alimentation).

On a donc fait un petit état des lieux en l’observant et en se posant les bonnes questions. Il est courant chez les enfants autistes de retrouver des troubles de l’oralité ou des problèmes physiologiques (mauvaise déglutition, motricité de la bouche), d’être sujet à une hypersensibilité/hyposensibilité… Alors, quelles peuvent être les difficultés de votre enfant à table ? 🤔

1- Il est submergé par ce qui l’entoure, il ne tient pas en place

Conseil : il faut préparer son environnement

  • le mettre à table au calme ;
  • éteindre la télévision ;
  • il doit être assis confortablement (beaucoup d’enfants passent leur temps à descendre de leur chaise et remonter, ils sont très agités), notamment les enfants ayant des troubles de la concentration (TDAH). Dans ce cas-là, un coussin à picot pourrait l’aider.

coussin de concentration et d'équilibre pour enfant avec tdah

 

Coussin de concentration à picot – Pour une assise active

2 – Il a des troubles de la préhension, motricité fine

Conseil : lui donner les bons outils

  • utiliser une assiette antidérapante ;
  • une assiette compartimentée ;
  • des couverts spéciaux ayant des gros manches ou coudés afin de faciliter sa prise en main ;
  • de la vaisselle rigolote ;
  • un verre à boire avec poignée ;
  • un set de table.

3- Il mange trop vite, a tendance à tout engloutir

Conseil : donner des petites portions

 

On associe souvent troubles de l’oralité et autisme. Cela peut être lié à une hyposensiblité (il ne ressent pas la satiété) ou à une hypersensibilité de la sphère buccale (il ne ressent pas vraiment ce qu’il met dans sa bouche et avale). Il peut aussi avoir des problèmes de praxies (il ne mâche pas correctement). 

Dans le cas de mon fils, on lui met son repas complet dans une assiette à part, qu’on met de côté. Lui a droit à une plus petite avec des mini-portions. À chaque fois qu’il a terminé, il pioche dans la grande assiette.

Cette astuce lui permet de manger moins vite et de faire des petites pauses qui lui permettent d’avoir le temps de ressentir la satiété. De plus, mettre une assiette à côté de lui avec la totalité de son repas à l’avantage de lui montrer la quantité raisonnable qu’il peut ingérer à chaque repas.

Pour l’instant, il est petit, nous avons donc le contrôle sur ce qu’il mange, mais notre objectif est de préparer son adolescence et l’âge adulte afin qu’il soit totalement autonome sur ce sujet.

4- Il présente des cas de rigidité alimentaire

Les troubles de l’alimentation chez l’enfant peuvent être manifestés par une sélectivité alimentaire, voire par de la rigidité alimentaire. Le refus de certaines textures, les aliments chauds ou froids, crus ou cuits. Il n’aime pas (ou ne sait pas) mâcher ? Il ne veut qu’un seul aliment ? 

Conseil : refaire une petite diversification alimentaire

Retour en arrière quand l’enfant avait 4/6 mois 👶. Tout reprendre depuis le début ! En général, ils adorent les purées et les compotes. Il conviendrait donc d’y aller progressivement :

  • passer du mode purée lisse au mode écrasé puis en petits morceaux ;
  • manger avec les doigts au début. Même s’il est grand, ce n’est pas grave ! Au moins, il se familiarise avec les aliments qu’il rejette ou qu’il ne connaît pas. Petit à petit, il va commencer à accepter ces nouvelles textures. Il faut essayer de lui faire toucher les aliments le plus possible.

Conseil : faire un point ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas

De mon côté, j’ai continué à lui donner les aliments qu’il aimait en base principal (des pâtes au coulis de tomate) et j’y ai ajouté les aliments qu’il n’aimait pas comme des petits bouts de brocolis très très mixés, histoire que ça passe inaperçu dans l’assiette (ce n’est pas l’idéal mais au moins, il avait les vitamines).

J’ai continué ainsi en ajoutant de vrais morceaux de brocolis à côté. Même s’il ne les mangeait pas, il les voyait. Le brocoli devenait un aliment familier pour lui.

Je continue toujours à lui proposer des fruits, des légumes qu’il n’aime pas trop sur le côté de son assiette. Alors oui, c’est long, ça prend des mois mais ça vaut le coup car un jour ou l’autre, il accepte de les consommer.

Jusqu’à ses 7 ans, il n’aimait pas les crudités car la texture ne lui plaisait pas et c’était froid. Je lui en ai présenté régulièrement à côté de son assiette ou mélangé des petites tomates cerises au milieu de ses pâtes, ça l’a aidé petit à petit à se familiariser avec la tomate, maintenant il en mange sans problèmes (tomates cerises, carottes râpées, avocat..)

Les fruits, ça reste difficile car en plus d’être froid avec une texture désagréable (pour lui), il n’aime pas trop les aliments sucrés. J’ai donc commencé par lui mettre des fruits moulinés dans ses purées (ni vu, ni connu) ou cuire des pommes ou poires à la poêle avec un rôti de porc par exemple. De cette façon, les fruits sont plus agréables (fondants et tièdes). Petit à petit, il s’habitue. Oui c’est très long mais c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Conseil : utiliser le tableau des récompenses

Proposez lui de manger son aliment préféré s’il goûte à un nouveau. Montrez lui que l’important c’est de goûter.  Il a le droit de ne pas aimer mais il faut goûter. Cependant, il faut l’inciter mais ne jamais le forcer !

Conseil : introduire un nouvel aliment chaque semaine

Affichez une image de l’aliment nouveau sur le frigo et expliquez-lui que cette semaine, ce serait super s’il le goûtait. Pour plus de fun, incitez-le à le préparer avec vous, lors de la préparation des repas et sous toutes ses formes.

  • étape 1 : il touche l’aliment ;
  • étape 2 : il l’épluche ou le coupe ;
  • étape 3 : il le met à la bouche ;
  • étape 4 : il le mange ;
  • etc.

Continuez ainsi en installant un roulement avec tous les produits refusés.
Finalement, les meilleurs moments où p’tit mousse a goûté, sans sourciller, furent ceux hors de la maison. Lors d’un pique-nique ou d’une réunion de famille.

L’effet de groupe, faire comme les autres le motivent… La faim aussi. Il sait qu’il n’aura droit à rien d’autre car nous ne sommes pas à la maison donc il est plus susceptible de se lancer et de goûter. Je m’assure tout de même qu’il ait dans son panier une partie du repas qu’il aime afin qu’il n’ait pas le ventre vide ! Vous avez cru que j’étais une mère indigne, avouez-le 🙂

Conseil  : informer, communiquer, anticiper

Il ne veut prendre ses repas qu’à la maison, l’extérieur est un calvaire, il refuse tout changement.

Les repas à la cantine, au restaurant, chez la famille peuvent être une vraie source de stress et d’angoisse. Le moindre changement, la moindre modification dans l’organisation du repas, dans la présentation de l’aliment peut lui faire catégoriquement refuser de mettre à la bouche quoique ce soit et peut être suivis d’une crise.

Si c’est avec vous, préparez-le un maximum, des jours à l’avance. Le lieu où vous allez, avec des images, des pictogrammes… Et ce jour-là, donnez-lui QUE ce qu’il aime. Ce n’est pas grave si ce n’est pas très équilibré… C’est juste pour une journée !

Si c’est à la cantine, communiquez un maximum avec la maîtresse ou son AVS et demandez à parler au personnel de la cantine en leur expliquant qu’il ne faut jamais forcer l’enfant ! Ne pas le disputer, ne pas faire de chantage, sinon le repas va devenir un moment de conflit pour lui et ça ne fera qu’empirer.

9- Lui apprendre la sensation de faim

Lors de ma dernière réunion d’information au Centre de Ressouces d’Autisme (CRA), j’ai appris qu’il y avait des enfants qui n’avaient aucune sensation de faim. Certains peuvent manger toute la journée sans s’arrêter, et d’autres, si on ne leur dit rien, ne se nourrissent pas de la journée. C’est très compliqué à gérer.

Conseil : le faire manger à heures fixes.

Jamais de grignotage ! S’il n’a pas mangé au repas précédent, on lui donne une petite collation mais c’est tout ! Il ne doit jamais grignoter entre les repas ! Il commence à comprendre que si on n’est pas à table, on ne mange pas. On ne veut surtout pas lui donner l’habitude du grignotage. Notre objectif, cité déjà plus haut, est de le préparer à vivre seul, en toute autonomie. il faut donc qu’il intègre ce principe.

Conseil : impliquez-le dans la gestion des repas

Vous pouvez régler des alarmes sur un smartphone pour lui signaler les heures de repas afin qu’il puisse se mette à table seul. Je conseille également d’utiliser des pictogrammes (que vous laisserez sur la table à sa place habituelle) avec l’ordre des plats. De cette façon, il peut gérer son repas en toute autonomie.

Routine + Heures fixes + Repas à table -> les 3 règles essentielles.
Le secret, c’est de ne pas abandonner, d’insister, de persévérer. Continuez à lui présenter des aliments nouveaux, même s’il ne mange pas. Ce fut la meilleure méthode pour nous. Ne pas le forcer et lâcher prise ! L’enfant le ressentira et se détendra.

👉 Et vous, avez-vous des astuces à nous partager dans les commentaires ?

info-ecole

L’alimentation de l’enfant, un projet pédagogique -> alimentation de l’enfant

Petite vidéo Deux minutes pour mieux vivre l’autisme -> J’aide Emy à manger plus varié

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