entretien avec une ergothérapeute
Quotidien et Autonomie

Ergothérapeute | Entretien avec Clémentine, de Bébé s’éveille

J’ai eu la chance d’avoir fait la connaissance de Clémentine (une bretonne 😉) sur Instagram. Elle y tient un joli compte : Bébé s’éveille ! Clémentine est ergothérapeute, spécialisée dans la DME (Diversification Menée par l’Enfant) et le portage mais qui travaille également, dû à son métier, avec des enfants porteurs de handicap. L’ergothérapie a toujours été un peu floue pour moi, j’avais plein de questions à lui poser : que fait un ergothérapeute exactement ? Quelle est la différence avec un psychomotricien ? Et surtout, comment un ergothérapeute peut-il aider un enfant autiste ou ayant des troubles d’apprentissage ? 

1/ Clémentine, peux-tu te présenter et expliquer ton parcours ?

Je suis diplômée depuis 11 ans et j’ai tout de suite orientée ma pratique vers la pédiatrie. J’ai exercé plusieurs années en crèche et en SESSAD et j’ai passé en parallèle un diplôme universitaire sur 2 ans intitulé développement de l’enfant et paralysie cérébrale. Par la suite, je me suis installée en libérale et j’ai suivi une première formation sur les troubles du graphisme et plus récemment de monitrice de portage et massage bébé. En effet, je propose également des accompagnements individualisés ainsi que divers ateliers à destination des futurs et jeunes parents. Je me forme à partir de la rentrée au trouble de l’oralité alimentaire.

2/ Peux-tu présenter ton métier d’ergothérapeute ?

L’ergothérapie se dit occupational therapy en anglais. J’aime partir de la traduction pour expliquer que nous nous intéressons donc aux occupations au sens large du terme. L’ergothérapie fonde sa pratique sur le lien entre activité et santé. C’est bien sûr un professionnel de santé diplômé d’état et qui a également une reconnaissance internationale (nous fondons notre pratique sur les données probantes en ergothérapie). Nous travaillons sur prescription médicale de la naissance à la fin de vie.
Nous évaluons à l’aide de bilans normés et de mise en situation (au niveau moteur, sensoriel et cognitif) les limitations de participation aux activités de la vie quotidienne.
Pour les enfants, il peut s’agir par exemple de pouvoir téter le sein/le biberon, d’être confortable sur son tapis de jeu, de jouer avec ses pieds, d’explorer son environnement, de tenir une cuillère, de dessiner, d’écrire son prénom, de maintenir son attention en classe, etc. C’est donc aussi varié que nous sommes d’êtres humains.

3/ Quel est ton secteur géographique ? Pratiques-tu en cabinet, à domicile ou en établissement hospitalier ?

Mon cabinet est situé à Carhaix-Plouguer (29 limitrophe 22/56) et j’interviens principalement au cabinet, mais également dans les écoles ou à domicile selon les besoins. J’effectue également des vacations pour certaines structures type SESSAD. Pour les accompagnements parentaux en individuel et les ateliers, je travaille aussi en visio.

4/ Peux-tu nous expliquer la différence entre un psychomotricien et un ergothérapeute ?

Ceux sont en effet 2 approches complémentaires et avec des moyens parfois similaires mais différentes dans leurs objectifs. Plutôt que d’expliquer la différence, je peux plus facilement expliquer la spécificité de l’ergothérapie. Nous pouvons évaluer les mêmes choses par exemple mais comme son nom anglais l’indique le métier d’ergothérapeute est toujours centré sur les occupations. Par exemple, si je constate des difficultés en motricité fine, mon bilan aura pour objectif de faire le lien avec le quotidien pour déterminer des objectifs occupationnels (Par exemple : l’enfant A, 3 ans veut pouvoir ouvrir et fermer le bouton de son pantalon pour aller seul au WC à l’école). Nous avons à la fois une approche bottom-up (en lien avec les fonctions sous-jacentes à une activité, comme travailler l’équilibre pour faire du vélo) et top-down qui est spécifique à l’ergothérapie, puisqu’elle est centrée sur les occupations (par exemple, renforcer directement l’activité vélo). Autre spécificité, nous intervenons en plus du champ de la rééducation, dans le domaine de la compensation aussi lorsqu’il y a besoin d’aménagement ou de matériel adapté cela est du ressort de l’ergothérapeute. Nous pouvons grâce à notre évaluation déterminer quels seront les outils scolaires les plus adaptés à tel enfant par exemple.

5/ Parle-nous de ta spécialité : DME, massage, portage, etc.

Les dernières avancées en termes de neuroscience et sciences affectives, mais aussi le fait de devenir maman m’ont fait prendre conscience de l’importance de transmettre les bonnes informations et de pouvoir guider les familles dans leurs interrogations. Je m’y retrouve pleinement dans mon travail d’ergothérapeute en termes de prévention car l’intervention précoce est un véritable enjeu à l’heure actuelle. Je propose donc des ateliers dans la continuité des cours de préparation à la naissance, les parents disent souvent que cela devrait être obligatoire. Mais ce sont aussi des moyens à ma disposition dans ma « boite à outils » d’ergothérapeute. Le portage par exemple est un moyen que j’utilise en séance pour les petits ayant des retards de développement, par exemple. Et je suis amenée à conseiller la DME ou le massage aux parents lorsque cela s’avère nécessaire pour des situations spécifiques.

6/ Quel est le profil de tes patients ?

Ce sont majoritairement des enfants avec des TND (troubles neurodéveloppementaux), mais aussi des paralysies cérébrales. Pour les TND, c’est très varié avec des enfants porteurs de handicap moteur, des déficiences intellectuelles, des TSA, des TDAH, des troubles des apprentissages. Pour les tout-petits, il s’agit des bébés avec des retards de développement, des difficultés sensorielles et bientôt les troubles de l’alimentation.

7/ Comment un ergothérapeute peut aider un enfant porteur de handicap, autiste ou ayant des troubles dys ?

Notre raisonnement clinique part des plaintes occupationnelles puis on en cherche l’origine/la cause pour ensuite revenir à des objectifs occupationnels. Avoir des objectifs précis permet de savoir où mène la prise en charge. Nous intervenons de manière concrète pour permettre à l’enfant de réaliser ses objectifs et de gagner en autonomie et indépendance que cela soit grâce à la rééducation ou la compensation.

8/ Comment se déroule une consultation ?

La première chose est d’effectuer un bilan complet des capacités de l’enfant en évaluant le fonctionnement moteur, sensoriel et cognitif et surtout de faire le lien avec la participation et le rendement dans les occupations. Ensuite, le plus souvent, nous recevons l’enfant une fois par semaine au cabinet ou sur le lieu de vie selon les besoins. Personnellement, je travaille en collaboration avec le parent qui est le plus souvent présent pendant les séances. La durée varie beaucoup selon l’âge de l’enfant et les objectifs. Par exemple, pour les tout-petits ou lorsque je travaille en guidance parentale, cela dure souvent 30 min alors qu’une séance classique dure 45 min.

9/ Penses-tu que le métier d’ergothérapeute est assez reconnu ?

En France, le métier d’ergothérapeute est bien connu, mais toutes ses spécificités et tous ses champs de compétences ne sont pas toujours bien reconnus. En revanche, à l’étranger, l’intervention de l’ergothérapeute est beaucoup plus répandue et commune.

Merci à Clémentine de Bébé s’éveille.

Retrouvez la sur Instagram

Retrouvez son site professionnel http://ergo-carhaix.fr

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