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Démarches, par où commencer ?

Scolarité, formation et emploi pour le jeune porteur de handicap

Quelles sont les solutions après l’école élémentaire ? Peut-on envisager de scolariser son enfant au collège ou au lycée malgré son handicap ou ses difficultés ? Difficile à dire. Les conditions d’accès sont plus ou moins les mêmes qu’à l’école. Il est toujours possible d’avoir une AESH, de bénéficier d’un dispositif ULIS ou d’un accompagnement SESSAD. Or, je l’ai vu moi-même pour mon fils de 11 ans, les collèges ou lycées ne sont pas bien adaptés à l’autisme, ou à tout autre handicap d’une manière générale. Manque de moyens ou manque de volonté ? Je ne saurais le dire, cela dépend des établissements… Pour les enfants entrant au collège, la transition peut être brutale ! Il faut être complètement autonome, l’enfant doit respecter un emploi du temps et changer de classe. Il doit se servir tout seul au self, le rythme est beaucoup plus soutenu, et les devoirs sont conséquents. Ensuite, il y a les études supérieures qu’il faut pouvoir suivre dans les meilleures conditions possibles. Puis, comment faciliter l’emploi des jeunes en situation de handicap ou les formations ? Retrouvez ici quelques infos pour vous aider !

La scolarité en IMPro

Si le collège ou le lycée ne sont pas adaptés, vous pouvez faire le choix d’orienter votre enfant en IMPro ou en SEGPA. Pour en savoir plus, j’ai rédigé ici un article sur le parcours scolaire de l’enfant porteur d’un handicap.

L’institut médico-professionnel (IMPro) est l’équivalent de l’IME pour les plus grands. L’IME accueille les enfants de 6 à 13 ans alors que l’IMPro accueille les jeunes de 14 à 20 ans. L’accès à l’IMPro est conditionné par l’accord de la MDPH. La demande doit être faite longtemps en amont, car les listes d’attentes sont longues.

Ces établissements ont pour vocation de préparer le jeune à la vie professionnelle, mais aussi à lui apprendre l’autonomie et à le préparer à vivre en société. L’accompagnement est pluridisciplinaire : en fonction de l’IMPro, le jeune va être initié à différents métiers : entretien des espaces verts, blanchisserie, informatique, menuiserie, boulangerie, etc. Des stages en entreprise sont également proposés.

La scolarité en SEGPA

La SEGPA est une classe de 16 élèves environ, intégrée dans un collège allant de la 6e à la 3e. Cette classe propose des aménagements et des cours adaptés aux difficultés de chacun et a pour but de favoriser la formation professionnelle. Le jeune peut aussi continuer ses études, en fonction de son évolution. L’orientation se fait dès le CM2 avec l’équipe pédagogique. Il faut s’y prendre tôt ! Après la SEGPA, l’enfant sera dirigé vers un CFA ou un lycée technologique.

Les études supérieures

Si votre enfant souhaite continuer ses études supérieures, sachez que le handicap ne peut pas être un refus d’intégrer une grande école. La loi handicap de 2005 ne le permet pas. Les établissements sont aussi obligés d’accueillir l’étudiant avec des aménagements. De votre côté, en plus des démarches habituelles pour intégrer une école, vous devez effectuer des démarches spécifiques à son handicap auprès de la MDPH (dispositifs en classe, transport, restauration, etc.). Vous pouvez contacter l’association www.handisup.fr qui peut vous aider dans vos démarches. Il y a une antenne quasiment dans chaque région.

Les stages professionnels

Avant de commencer sa période de stage, demandez un rendez-vous auprès du maître de stage et faites le point ensemble sur les conditions d’accueil et la nécessité de mettre en place des aménagements spécifiques dans l’entreprise.

Les aides financières peuvent être demandées à la MDPH, à l’AGEFIPH (Association pour la GEstion des Fonds pour l’Insertion Professionnelle des personnes Handicapées) et à l’ARPEJEH, qui a vocation de promouvoir la formation et l’emploi des jeunes en situation de handicap. Cette association propose, notamment, un accompagnement pour la préparation aux entretiens avec des entreprises pour effectuer un stage ou trouver un emploi.

La vie professionnelle : demander la RQTH

Votre enfant a eu son diplôme et souhaite maintenant travailler ? Pensez d’abord à demander la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé (RQTH), valable pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes de plus de 16 ans, dont les stages en entreprise. C’est une demande à effectuer auprès de la MDPH et valable pour tout type de contrat à l’emploi.

  • Le stage en entreprise (avec convention de stage).
  • La formation professionnelle.
  • Le contrat d’apprentissage ou de professionnalisation
  • Le CDI ou CDD.
  • L’insertion dans une entreprise adaptée.
  • L’intégration au sein d’un ESAT.

Quels sont les avantages d’être reconnu travailleur handicapé ?

Être reconnu travailleur handicapé vous permet de bénéficier de certains avantages :

  • obtenir des aides financières ;
  • obtenir des adaptations pour votre poste de travail ;
  • profiter de l’obligation des entreprises de recruter 6 % de travailleurs handicapés ;
  • bénéficier d’aménagements spécifiques si vous êtes en contrat d’apprentissage.

Quelle est la différence entre une entreprise adaptée et un ESAT ?

L’entreprise adaptée s’engage à embaucher 55 % de travailleurs handicapés. Elle a un environnement avec des aménagements spécifiques et le travailleur est un salarié, comme les autres. Quant à l’ESAT (Établissement et Service d’Aide par le Travail), le jeune peut l’intégrer à partir de 16 ans, avec l’autorisation de la CDAPH dont la demande est à adresser à la MDPH. Cependant, il n’est pas considéré comme salarié mais comme usager. Le jeune exerce une activité professionnelle adaptée à ses compétences et bénéficie d’un accompagnement éducatif.

Aménagement des examens et concours

Tous les élèves en situation de handicap ou ayant de fortes difficultés (TDAH, troubles dys, etc.) peuvent demander un aménagement pour passer les épreuves qui peuvent porter sur :

  • les aides techniques et matériel spécifique, transcription en braille, etc.
  • une aide humaine : assistance pour écrire, pour lire, expliquer les consignes,
  • l’accessibilité des locaux
  • aménagement du temps d’examen : pauses, temps majoré.
  • étalement des épreuves,
  • dispense d’épreuves,
  • adaptation de sujets d’épreuves
  • Etc.

Il n’est pas nécessaire d’être reconnu auprès de la MDPH.

🎈 Attention !

Renseignez-vous dès le début de l’année scolaire car il y a une date de dépôt à respecter ainsi que de nombreux documents et justificatifs à fournir. 

La demande d’aménagement en 4 étapes

1- Consultez le site internet de votre académie pour connaître la date limite de dépôt de votre demande, puis procurez-vous le formulaire de demande d’aménagement auprès de votre école, de l’académie ou du centre de formation.

2- Déposez votre formulaire dûment rempli ainsi que votre certificat médical, émis par votre médecin, auprès du chef de l’établissement qui le transmettra au médecin scolaire.

3- Le médecin scolaire transmettra le dossier au médecin de la CDAPH qui notifie son avis favorable ou non.

4- C’est ensuite l’inspection académique ou le rectorat qui donnera son avis final.

info-ecole

Certaines aides financières sont accordées à l’étudiant tout au long de sa scolarité et de ses formations (bourses, allocations, primes, etc.). N’hésitez pas à les demander et à consulter le site du gouvernement.

Si vous avez besoin d’aide et d’accompagnement personnalisé, vous pouvez contacter une assistante sociale libéral, Claire Le Boucher, spécialiste du handicap. Elle est basée à Rennes mais propose des consultations en ligne.

 

Crédit photo : Jacob Lund

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