Quotidien et Autonomie

Allergies alimentaires : symptômes, trousse d’urgence et école.

J’ai assisté, le mois dernier, à des ateliers collectifs proposés à l’hôpital par l’allergologue de mon fils. L’occasion pour moi de vous parler des allergies alimentaires de l’enfant et de vous donner quelques conseils. Ces ateliers sont appelés “Éducation Thérapeutique de l’Enfant et de l’Adolescent”. Tous les parents d’enfants allergiques, en présence des enfants, sont conviés à participer à deux sessions, animées par une allergologue et une diététicienne. On revoit les allergènes existants et la réglementation de l’étiquetage, on apprend à identifier les réactions allergiques et à savoir utiliser correctement la trousse d’urgence. Retrouvez ici quelques conseils, notamment pour l’école, afin de gérer les allergies alimentaires de votre enfant.

Allergie alimentaire de l’enfant et symptômes

Comment savoir si son enfant a une allergie alimentaire ? Une allergie alimentaire ne survient pas toujours au premier contact. Il ne faut donc pas se dire “Ce n’est pas possible, il/elle en a déjà mangé !”. Votre enfant peut faire une réaction s’il présente les symptômes suivants :

Symptômes considérés comme “non-grave” :

  • rhinite/conjonctivite : éternuements, nez qui coule, yeux qui pleurent ou qui grattent ;
  • urticaire, plaques rouges, démangeaisons ;
  • poussée d’eczéma ;
  • mal au ventre, vomissements.

Même s’ils ne sont pas graves, ils peuvent annoncer une allergie accompagnée d’autres signes plus alarmants qui apparaîtront quelques minutes plus tard. 

Symptômes considérés comme “grave” :

  • œdème de Quincke (gonflement qui descend dans la gorge et peut provoquer l’asphyxie = voix rauque, gonflement du visage) ;
  • respiration difficile (asthme) ;
  • choc anaphylactique (malaise général, rapide et violent, qui peut regrouper tous les signaux en même temps).

Le temps de réaction à une allergie alimentaire varie entre 30 minutes et deux heures après l’ingestion.

Conseil aux parents qui ont déjà une trousse d'urgence

J'ai listé cette liste de symptômes que j’ai accrochées au frigo, afin de ne pas paniquer et de pouvoir réagir selon un ordre hiérarchique. Je souffle un bon coup et je réfléchis : si ce sont des signes “non-graves”, je donne le médicament approprié et je le surveille. Par contre, s’il présente un symptôme “grave”, je sais que je dois lui donner une injection d’adrénaline immédiatement puis appeler les secours.

Allergie alimentaire, que faire ?

 

#1 Si c’est une première réaction allergique : se rendre aux urgences

On peut se poser la question : quand faut-il aller aux urgences ? Si c’est la première fois que votre enfant fait une réaction allergique, il faut vous y rendre ou appeler le 15 (les pompiers n’ont pas toujours le matériel adéquat). Ne tardez pas, n’ayez pas peur d’y aller pour rien. Cela peut être une urgence vitale, il y a donc de bonnes chances que le service vous prenne en priorité, surtout si cela concerne un enfant. Une fois pris en charge, demandez une ordonnance à l’hôpital pour pouvoir vous rendre dès que possible chez un allergologue par la suite.

#2 Bilan complet chez l’allergologue 

Rendez-vous chez un allergologue pour faire un bilan complet. Il fera des tests cutanés des aliments incriminés et vous prescrira une ordonnance pour une prise de sang. A savoir que tous les aliments sont potentiellement allergènes, que ce soit une allergie à la fraise ou encore une allergie à la noisette ou à l’amande, il convient d’être vigilant. Lors de cette consultation, il vous expliquera les conséquences de cette allergie, les gestes à pratiquer, et vous donnera les documents nécessaires pour gérer la suite (liste des aliments et plats à évincer et une ordonnance pour mettre en place votre dossier administratif avec l’école). 

La trousse d’urgence : que contient-elle ?

La trousse d’urgence vous sera prescrite par votre allergologue. Elle contient tous les médicaments dont l’enfant à besoin en cas de crises ainsi qu’un protocole de soin (document qui indique dans quel cas utiliser le médicament). Cette trousse de secours doit suivre l’enfant absolument partout (collectivités, vacances, chez les grands-parents, copains, anniversaires…). 

trousse d'urgence pour allergies alimentaires

J’ai acheté une trousse de toilette basique où je range tous les médicaments.

Elle contient :

  • un antihistaminique (aérius), efficace au bout de 30 minutes ;
  • un corticoïde (solupred) ;
  • un broncho-dilatateur (ventoline). J’ai demandé une chambre d’inhalation car c’était nécessaire pour mon fils qui ne sait pas aspirer. C’est conseillé également aux tout-petits ;
  • un stylo d’adrénaline (Anapen, Epipen) qui, une fois piqué dans la cuisse, permet de faire une injection intramusculaire. Il y a deux stylos au cas où l’un ne fonctionnerait pas. Vous pouvez piquer sur la peau directement ou sur le pantalon (même un jean) de l’enfant, l’aiguille passera à travers sans problème. 

Il faut demander 2 ordonnances à l’allergologue afin de pouvoir concevoir 2 trousses d’urgence :

  • 1 pour l’école qui y reste de façon permanente ;
  • 1 pour la maison pour votre utilisation personnelle et que vous mettrez dans le cartable les jours de prise en charge (Cmpi, Camsp…).

Pensez à ramener les périmés à la pharmacie (ne surtout pas jeter vos médicaments à la poubelle).

Le médecin traitant peut ensuite prendre le relais pour le suivi des allergies de votre enfant.

Conseils

  • Gardez les stylos d’adrénaline périmés à la maison dans un coin spécial et entraînez-vous de temps en temps à manipuler le stylo pour ne pas “perdre la main” sur une balle en mousse ou un jouet de bain, par exemple.
  • Notez les dates de péremption des médicaments sur votre agenda, de façon à surveiller les dates et à pouvoir les remplacer rapidement. Cela demande un peu d’anticipation car il faut prendre rendez-vous chez le médecin traitant pour obtenir les ordonnances.

L’allergie alimentaire à l’école

 

#1 Demandez la mise en place du projet d’accueil individualisé 

Il faut rapidement contacter l’école pour obtenir une réunion avec la direction, l’institutrice, le médecin scolaire et un représentant de la municipalité afin de mettre en place un PAI (projet d’accueil individualisé). A la demande des parents, il doit être instauré dans toutes les collectivités (les crèches, les centres de loisirs, camsp, cmpp…). Ce document écrit est destiné aux enfants atteints de maladie chronique (asthme…), d’allergies et d’intolérances alimentaires.

Lors de cette réunion, tous les points sont abordés, il faut :

  • déterminer si c’est un PAI avec protocole d’urgence (en cas de réaction grave) ;
  • lister les précautions à mettre en place au sein de l’école ;
  • déterminer si un repas spécifique à l’enfant sera fourni ou si la famille devra apporter un panier repas. 

C’est souvent le cas, car personne ne veut prendre la responsabilité en cas d’accident. De plus, la plupart des communes font appel à une centrale, il est donc particulièrement difficile de vérifier la traçabilité des allergènes

Note : tout enfant doit pouvoir aller à l’école. Selon une circulaire de 2003, aucune école, aucune municipalité n’a le droit d’interdire l’accès à votre enfant sous prétexte qu’il est allergique. Allergie alimentaire et cantine scolaire ne doivent plus être sources de discorde entre l’école et la famille. Le PAI a été créé pour ça !

#2 Intervenez auprès de l’école

N’hésitez pas à dialoguer avec l’équipe éducative :

  • demandez une réunion pour revoir ensemble la manipulation de la trousse d’urgence, avec toute l’équipe (institutrice, avs, atsem, garderie et  cantine). N’hésitez pas à leur faire une démonstration, particulièrement pour le stylo d’adrénaline, en rappelant que le stylo n’est pas dangereux et qu’il vaut mieux mal l’utiliser que pas du tout. Rappelez que le stylo n’est pas un acte médical, tout le monde est habilité à faire cette injection ;
  • assurez-vous que la trousse d’urgence soit stockée dans un lieu facilement accessible, non fermé à clé ;
  • la trousse d’urgence doit suivre votre enfant dans toute occasion (ateliers cuisine, salle de sport, sorties scolaires, cantine, garderie).

 

Pourquoi les allergies alimentaires sont-elles en augmentation ?

Il faut savoir qu’il y a un lien étroit entre notre consommation d’aliment et les allergies. Les pays qui consomment beaucoup de beurre de cacahuètes ont beaucoup moins d’allergies que les autres. La région Bretagne présente très peu d’allergie au sarrasin contrairement au reste de la France.

Pour pallier, entre autres, à l’augmentation croissante des allergies, le calendrier d’introduction des aliments concernant la diversification alimentaire a été modifié. Il s’agit maintenant d’exploiter au maximum la petite fenêtre qu’il y a entre les 4 et 6 mois du bébé pour introduire tous les aliments, principalement les fruits exotiques, le lait, les oeufs et les fruits à coque. Aujourd’hui, les spécialistes recommandent d’introduire le plus tôt possible les aliments à fort potentiel allergique pour que le système immunitaire ait le temps de s’adapter.

D’autres facteurs sont également mises en causes tels que les produits industriels, l’agriculture intensive ainsi que la mondialisation qui a introduit sur le territoire de nouveaux allergènes (arachide, sésame, kiwi…).

J’aborderais dans un prochain article mes astuces quant à mon organisation pour les paniers-repas ainsi que pour les voyages et sorties scolaires avec un enfant ayant des allergies alimentaires.

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